Le suivi technico-économique d’exploitations équines ou de centres équestres, dans le cadre du réseau REFErences (Réseau Economique de le Filière Equine), a débuté au cours de l’année 2007. Nous vous livrons ici les premiers enseignements pour des systèmes spécialisés, en poneys et chevaux de sport, tout comme nous le ferons au terme de chaque exercice. Les clôtures comptables des 49 structures suivies sont comprises entre l'été 2007 et le printemps 2008. Pour 2/3 d’entre elles, les exercices ont été clos au dernier trimestre 2007. 30 de ces 49 structures se trouvent en Normandie et les autres élevages sont répartis en Pays de Loire ou Picardie. Ces entreprises ont été retenues car considérées en rythme de croisière. Elles ont le souci de la rentabilité et leur activité équine est conséquente. A l'exception des centres équestres, elles sont tournées vers l’élevage, avec un minimum de 4 ou 5 poulinières par exploitation.
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| La segmentation de notre échantillon a été faite selon les groupes suivants : | - éleveurs spécialisés de chevaux – valorisation par tiers : 10 exploitations
- éleveurs spécialisés de chevaux – valorisation par l’éleveur : 7 exploitations
- éleveurs spécialisés de poneys (tailles C et D) : 10 exploitations
- centres équestres : 8 suivis
- Chevaux + bovins lait : 3 exploitations
- Chevaux + bovins viande : 7 exploitations
- Chevaux + hors sol : 2 exploitations
- Chevaux + grandes cultures : 2 exploitations
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Pour cette première analyse, nous observerons les élevages spécialisés, ainsi que les centres équestres.
Limites de ce premier exercice
Bâtir des références technico-économiques implique d’avoir un nombre minimal d’observations et un peu de recul. La connaissance des systèmes dans la durée permet également de mesurer leur souplesse d’adaptation, ou au contraire leur vulnérabilité, face aux évènements du quotidien. Pour cette première année, la plus grande prudence est donc de mise. Rares sont les références actuellement disponibles, et pour chaque système étudié, les résultats ne peuvent être comparés, faute d’avoir connaissance des exercices antérieurs. Tout ceci ne constitue donc qu’une première analyse que nous affinerons dans les prochaines années.
Comparatif des 4 groupes présentés : * Pour les structures normandes, la SFP = 100 % de la SAU ** Concentrés et variations de stocks fourrage déduits. Exprime la valorisation de la SFP (en UGB/ha SFP)| | Valorisation extérieure | Valorisation éleveur | Poneys | Centres équestres | | SAU (en ha) | 45 | 32,5 | 37 | 24 | | UMO totales (dont salariés) | 2,45 (1,2) | 3,04 (1,04) | 1,84 (0,18) | 3,64 (2,01) | | SFP (en ha)* | 43,6 | 29,6 | 30,7 | 18,5 | | Nombre d'équins moyen | 50 | 50 | 43 | 52 | | UGB totaux (dont % équins) | 27,1 (100 %) | 25,7 (100 %) | 25,6 (95 %) | 24,5 (100 %) | | Nombre moyen de poulinières | 10 | 14 | 14 | 3 | | Chargement ** | 0,76 | 1,14 | 0,95 | 0,90 |
Des profils proches entre groupes
Hormis pour le cheptel reproducteur, moins présent dans les centres équestres (davantage de chevaux au travail), les similitudes sont nombreuses entre groupes : le cheptel équin (40 à 50 têtes) est alimenté sur des surfaces peu intensifiées. On observe une moyenne de 1 à 2 salariés/exploitation (excepté dans le groupe « Poneys ») avec une main-d’œuvre bénévole qui n’est pas négligeable puisqu’elle dépasse 0,5 UTH pour 3 groupes. Particularité normande enfin : la SFP occupe toujours 100 % de la SAU. Détail des Produits| | Valorisation extérieure | Valorisation éleveur | Poneys | Centres équestres | | Produit total (en euros) | 126 307 | 108 585 | 46 669 | 168 278 | | soit/UMO totale | 51 554 | 35 719 | 25 364 | 46 230 | | Produits équins (% total) | 122 528 (97) | 101 160 (93) | 35 539 (76) | 158 391 (94) | | dont ventes nettes | 41 205 | 33 394 | 21 172 | 19 906 | | gains-primes chevaux | 22 494 | 8 307 | 746 | 1 406 | | pensions | 46 767 | 43 778 | 4 956 | 34 501 | | prestations services | 4 699 | 6 228 | - 161 | 100 156 | | % d'aides/produits | 4 | 3 | 8 | 6 |
Une origine variable pour les produits…
Des différences importantes sont observées entre systèmes. Dans les centres équestres, 63 % des produits équins (4 088 euros/UGB) viennent des activités d’enseignement et 22 % (1 408 euros/UGB) des pensions. Ce groupe est celui qui a les rentrées d'argent les plus stables. Les systèmes Poneys enregistrent les produits/UMO les plus faibles. Les ventes représentent 60 % de leurs produits. Ils sont très spécialisés dans l'élevage et développent peu la pension. Ce groupe est, de ce fait, le plus fragile. Chez les éleveurs de chevaux, enfin, les ventes d’animaux expliquent le tiers des produits (1 520 euros/UGB). Elles sont devancées par les pensions qui, avec 40 % (1 700 euros/UGB) constituent la seule trésorerie régulière de ces exploitations. Les chiffres mettent enfin en évidence le très faible niveau d'aides perçues, et le plus souvent même, l’absence totale d'aides européennes. Il est primordial ici, de saisir l’opportunité qui est faite aux jeunes qui s’installent, de demander des DPU (Droit à Paiement Unique) pour les exploitations qui en possèdent peu. Charges opérationnelles (en euros)| | Valorisation extérieure | Valorisation éleveur | Poneys | Centres équestres | | Charges opérationnelles totales | 64 513 | 37 130 | 21 929 | 37 228 | | Charges opérationnelles/produits (en %) | 51 | 34 | 47 | 22 | | Charges équines/UGB équin | 2 315 | 1 370 | 735 | 1 346 | | dont : Frais véto + reproduction | 612 | 422 | 286 | 168 | | Litière | 170 | 146 | 39 | 176 | | Alimentation | 715 | 300 | 170 | 640 | | Dont Concentré + CMV | 573 | 269 | 125 | 436 | | Frais d'élevage | 311 | 142 | 132 | 152 | | Coût SFP (euros/ha) | 25 | 59 | 49 | 22 |
… Mais plus de points communs dans les charges
Le point commun entre tous ces systèmes est incontestablement le faible niveau d’intensification de la SFP. Les apports de chaux ou d’engrais sont souvent symboliques lorsqu’ils ne sont pas totalement absents. Les autres charges varient selon le nombre de poulinières (peu de frais de reproduction pour les centres équestres, de ce fait) et les choix alimentaires: l'alimentation à base de fourrages, ou au contraire à base de concentrés achetés, creuse des différences entre systèmes. Les groupes centres équestres et chevaux valorisés par tiers présentent les coûts alimentaires les plus élevés. Ramené à l’UGB, le système Poneys est le plus économe sur pratiquement tous les postes. C'est une quasi obligation puisque les produits de ce groupe sont aussi les plus faibles. En ce qui concerne les charges de structure, 2 postes pèsent particulièrement : la mécanisation qui engendre des charges importantes dans tous les systèmes : c’est le 1er ou second poste partout, y compris dans les systèmes Poneys. Les frais de transports (carburant notamment) générés par les fréquents déplacements des chevaux et les besoins en équipements que cela génère (camions, vans et véhicules de traction) participent pour une bonne part à ces coûts de mécanisation. On peut également souligner les charges de personnel avec pratiquement 800 euros/UGB en chevaux valorisés par l’extérieur et même plus de 1 600 euros/UGB pour les centres équestres. Incontestablement, le travail des chevaux (débourrage, entraînement) reste une activité gourmande en main-d’œuvre.

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Globalement, les résultats économiques sont plutôt faibles. S’ils se répètent au fil des ans, ces résultats ne peuvent conduire à des situations financières saines, hors apports de capitaux extérieurs. L’élément qui influence le plus la performance économique de ces systèmes d’exploitations équins est la forte variabilité et l'incertitude des produits. Les ventes de chevaux restent très aléatoires, en nombre et en valeur. Elles peuvent se faire à des niveaux de prix très en dessous des coûts de production. Il est donc hasardeux de tirer des conclusions au vu des données d'un seul exercice.
Des premières indications préoccupantes
Le suivi technico-économique des élevages équins doit permettre de synthétiser des références fiables à destination des personnes qui souhaitent s’installer et de leurs partenaires financiers. Même si, en cette première année de suivi, l’analyse ne peut être autant affinée qu’il le faudrait, l’inquiétude peut poindre pour ce secteur d’élevage particulièrement implanté en Normandie. Dans ces conditions, disposer d’apports personnels est primordial pour s’installer puis se développer. |