Economie d'énergie dans l'atelier porcin

Economie d'énergie dans l'atelier porcin


Les consommations d’énergies sont faciles à évaluer, elles sont essentiellement électriques, il ne faut néanmoins pas omettre le gas-oil pour le groupe électrogène et quelquefois le gaz pour certains systèmes de chauffage.
Les éleveurs de porcs peuvent penser que la maîtrise des dépenses énergétiques n’est pas une préoccupation majeure, sachant qu’elles ne représentent que 2% du prix de revient du porc.

La GTE (gestion technico-économique) nous donne des références sur un grand nombre d’élevages de la région. En 2008 le coût du poste énergie s’élève en moyenne à 2.6 € par porc produit chez les naisseur-engraisseurs, deux tiers des résultats se situent dans la fourchette 1.9 à 3.1 €. Les écarts peuvent paraître faibles, mais multipliés par 4000 porcs produits en moyenne, l’écart de coût se chiffre à 5.600 € par an. Cet argent peut être facilement gagné, en prenant quelques dispositions pour limiter les gaspillages. Avec du naissage seul les coûts énergétiques s’élèvent à 1,5 € par porcelet et c’est 1,6 € pour le spécialisé en post-sevrage engraissement.
Le niveau moyen de consommation est plus élevé chez les naisseur-engraisseurs avec 983 kWh/truie/an, elle n’est que de 403 kWh/truie/an chez les naisseurs et de  25 kWh/porc produit  pour les post-sevreur-engraisseurs.

L’électricité est la première source d’énergie utilisée (76%, loin devant le fioul pour groupe électrogène (13%), le fioul pour chaudière (8%) ou le gaz pour chaudière (3%). Par ailleurs, par stade physiologique, le poste post-sevrage est le plus énergétivore avec 36%, devant l’engraissement (27%) et la maternité (22%).
La ventilation et chauffage sont deux paramètres déterminants qui nécessitent une gestion rigoureuse pour, d’une part offrir aux animaux la meilleure ambiance possible, et d’autre part économiser de l’énergie.


Quelles solutions pour réduire la facture ?


Limiter les déperditions


A priori, on pense à l’isolation mais dans les bâtiments porcs qui sont chauffés comme le post-sevrage, trois quarts des calories perdues le sont par la ventilation. Il faut donc vérifier le réglage de la ventilation, afin de ne renouveler que le minimum nécessaire d’air à la consigne basse de température. C’est 3 m3 /porcelet /h en post-sevrage, passer à 5 m3 fait doubler la consommation d’électricité nécessaire au chauffage. Il est bon d’avoir la même sonde qui pilote la ventilation et le chauffage, qu’elle soit bien tarée et que la consigne de chauffage soit au plus, équivalente à la consigne de température minimale de ventilation. Une consigne de chauffage supérieure à celle de ventilation entraîne un gaspillage important, d’un côté on chauffe et de l’autre on envoi les calories directement dans l’atmosphère.
La phase maternité participe aussi beaucoup à la facture globale d’énergie. Aux précautions précédentes on peut ajouter, la fermeture des nids et une bonne régulation et disposition des ampoules infrarouge.
Sur l’ensemble des bâtiments et plus particulièrement pour les salles exposées au vent, l’isolation de la préfosse ou un talutage, réduit les déperditions. Placer les salles qui exigent le plus de chauffage, tels que les maternités et les nurseries et post-sevrage entre les salles de gestantes et d’engraissement, diminue sensiblement les déperditions.
Les bâtiments récents sont mieux isolés, c’est un fait, une étude montre des écarts de plus de 200 KWh par truie et par an en fonction de l’ancienneté de l’élevage. Certains panneaux sandwich ont mal vieilli et l’isolant a disparu, en plus des surconsommations cela génère un inconfort pour les animaux, du fait de la condensation et du rayonnement des parois froides.

Entretenir


Comme pour tous les équipements un entretien régulier améliore la longévité et le rendement des équipements, c’est vrai pour les ventilateurs, les radiants et l’éclairage.  Les fabricants d’aliments à la ferme ne doivent pas omettre le secouage et nettoyage des manches à air du broyeur (1 fois /mois), la surconsommation peut dépasser 20%, sans compter la mauvaise granulométrie de la farine.

Les solutions innovantes


Enfin, la question de la mise en place d’équipements économes en énergie peut également se poser en cas d’investissement dans les bâtiments. On peut penser que les systèmes de chauffage par eau chaude permettront d’avoir plus de souplesse et de possibilité de s’adapter aux futures sources d’énergies économiques : chaudière à bois déchiqueté, pompe à chaleur etc. Pour l’instant, on n’est qu’au début, il manque de recul pour connaître le temps de retour sur investissement.
Vous souhaitez réduire la facture énergétique de votre atelier porc ?
La Chambre d’agriculture et ses partenaires vous accompagnent dans la mise œuvre d’un diagnostic et de pistes d’adaptation.



Contact


Georges Mézière
Conseiller Porcs
Chambre d'Agriculture de l'Orne
Téléphone : 02 33 81 77 90
georges.meziere@orne.chambagri.fr