Mise en lot pour l’engraissement des jeunes bovins

Mise en lot pour l’engraissement de ses jeunes bovins


La mise en lot est une étape importante dans la production de viande.
Que les broutards proviennent de l’exploitation ou soient achetés à l’extérieur, ce sont des animaux stressés par le sevrage, le passage de l’herbe à la stabulation (changement de milieu et d’alimentation), les éventuels transports, l’allotement…
Le stress diminue la résistance aux maladies.

Les troubles sanitaires chez les jeunes bovins peuvent impactés fortement le revenu des exploitations qui engraissent ces animaux du fait de la mortalité ou dans une moindre mesure des retards de croissance des animaux malades.
 
Les résultats d’une étude menée en Pays de la Loire en 2008 sur les incidences et impacts des troubles de santé des jeunes bovins lors de l’engraissement a démontré des baisses de vitesse de croissance – 60 g à - 110 g / jour. Ce qui s’est traduit par un allongement de la durée d’engraissement de 30 à 60 jours selon l’intensité de signes cliniques avec, en plus une légère dépréciation du classement de la carcasse à l’abattoir.
Les impacts économiques sont estimés à 3 960 € (11,4 % du revenu disponible) en situation d’incidence modérée et 9 162 € (26,3 % du revenu disponible) en situation d’incidence forte.

Quelques précautions à la mise en lot permettent de réduire sensiblement les risques.


Elles se décomposent en 6 éléments distincts :

1. Avant l’arrivée des broutards
  • Trempage du parc jusqu’à 1,50 m de hauteur et décapage au jet haute pression.
  • Désinfection (avec des dérivés phénoliques). En dessous de 15° de température, le formol est inefficace.
  • Vide sanitaire : 8 jours minimum.
  • Aspersion d’un anti-mouche (attention : le formol, l’eau de javel et la soude caustique sont incompatibles avec les insecticides).
  • Désinfection du local consacré à l’infirmerie qui est très souvent utilisée pour recevoir les broutards.
2. A l’arrivée des broutards
  • Vérifier la cohérence numéro d’identification et passeports.
  • Réhydrater des animaux (mise à disposition d’eau propre à volonté)
  • Pulvériser un traitement insecticide de contact à pouvoir rémanent de plusieurs semaines (pyréthrinoïde) en cas de fortes chaleurs.
  • Ajouter dans l’alimentation solide 10 g d’acide acétyle salicylique (aspirine) est une prévention contre les effets du stress liés au transport.
  • Mélanger à l’eau de boisson une solution de propionate de soude (100 g) ou de propylène glycol (150 g). Ces apports de glucose sont utile pour combattre l’état dépressif des animaux à la suite de la perte de contact avec leur mère.
  • Détecter les animaux boiteux, blessés, malades (toux, jetage) … et le signaler rapidement à son fournisseur.
  • Vermifuger les bovins contre les strongles.
  • Vacciner : demander conseil à votre vétérinaire et ne pas oublier les rappels à 3 semaines :
  • Pour le virus syncytial (RSV)dès que possible, à condition que les animaux n’aient pas de fièvre.
  • Enterotoxémie.
  • Le brassage et le stress des animaux entraînent un développement des coccidies. Un traitement anticoccidien améliore la croissance (+ 8,5 kg de carcasse à l’abattage) et diminue les affections pulmonaires et les cas de grippe (20 % d’affection pulmonaire en moins). La posologie est de 1 mg / 10 kg de poids vif de décoquinate intégré à la ration et pendant 30 jours afin de casser le cycle de la coccidie. Il est possible d’utiliser lu vecoxan deux semaines après l’arrivée des broutards à raison de 2 ml / 10 kg de poids vif en une seule prise orale.
  • Surveiller les animaux est une priorité pour solutionner l’apparition des problèmes sanitaires et alimentaires.  Une détection et intervention précoces sur les animaux malades diminuent fortement les risques de mortalité et diminuent fortement les risques de contagion aux autres animaux.

3. Détection des animaux malades : la prise de température
 
Dès qu’un animal manque d’appétit, la température doit être prise ainsi que celle d’un autre congénère. Si elle est supérieure ou égale à 39,5 ° et accompagnée d’un autre symptôme  (jetage, toux, essoufflement), l’animal est considéré comme malade et la consultation du vétérinaire s’impose. Dans le cas où le contrôle de températures révèle plus de 15 % de malades dans un même lot, un traitement antibiotique de tous les animaux est administré quotidiennement, pendant au minimum 4 jours consécutifs.

4. La mise en lot
 
Pendant le premier mois, idéalement, il est préférable que les animaux soient en liberté ou aient accès à un parcours extérieur. Ceci permet de détecter et traiter plus facilement les problèmes pulmonaires, de réaliser la transition alimentaire avant l’introduction des animaux dans les cases d’engraissement.
 
La constitution des lots pour la phase d’engraissement doit se faire en une seule fois, le même jour (au pire en quelques heures : bien coordonner les livraisons).
La composition des lots sera homogène en ce qui concerne le poids (limiter les différences à 30 kg de poids vif par lot), et si possible de même type génétique (éviter de mélanger de taurillons de type laitier avec des types viande).
La taille idéale des lots peut être comprise entre 8 à 15 sujets.
Les animaux peuvent être tondus d’autant qu’il existe des risques de condensation sur le dos des animaux.
Dans la mesure du possible, près le démarrage d’un lot, aucune introduction d’animal étranger n’interviendra jusqu’au départ des animaux pour l’abattage.
Dans le cas où des « mélanges »   doivent être effectués, les animaux du lot seront aspergés à l’aide d’un pulvérisateur avec une solution qui contient quelques gouttes d’eau de Cologne ou de gasoil dans de l’eau. Cette technique permet de rompre le lien social car le changement d’odeur empêche de distinguer le ou les nouveaux arrivants des animaux déjà en place. Il est généralement préférable de renouveler l’aspersion durant le premier jour.

5. Le logement des animaux

En fonction du type de bâtiment, la surface nécessaire est de :
  • Aire paillée 100 % : 5 m² / taurillon est une recommandation.   
  • Aire paillée + aire d’exercice bétonnée : 4 m² + 1 ;8 m²             
  • Prévoir 0,60 m de place à l’auge en fin d’engraissement si la ration n’est pas mélangée et à volonté.

Equipement pour la contention
 
Vaccinations, traitements, prises de température, tonte, bouclages, pesées, embarquement…
Ces différentes interventions nécessitent de bons équipements en contention afin d’intervenir facilement et rapidement en toute sécurité. Leurs positionnements doivent être raisonnés dans la conception du bâtiment et selon le sens de circulation des animaux.

6. Alimentation
 
A l’arrivée, les animaux doivent disposer de foin de qualité : 0,5 à 2 kg / animal en fonction du poids vif, à renouveler tous les jours pendant 8 jours.
Par la suite, la transition alimentaire composée du régime de base de la ration pendant la phase d’engraissement se fera sur les 3 à quatre semaines suivantes pour atteindre le régime de croisière.
L’accès en permanence et à volonté à une eau propre est impératif.
De la paille de qualité à disposition et renouvelée tous les jours est encore le meilleur moyen de faire ruminer et de combattre l’acidose des rations dites «sèches » adaptées aux croissances élevées de type céréales.


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POUR EN SAVOIR +

Patrick CARTOUX - Courriel




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