La gestion du parasitisme est un problème récurrent à chaque mise à l’herbe. Même dans le cas où les manifestations cliniques des bovins sont très atténuées, leur croissance est notablement ralentie.
Les strongles altèrent le fonctionnement de la caillette, la douve détruit le foie, les paramphistomes provoquent des hémorragies dans le rumen… Les broutards qui ont un développement trop lent ou les génisses qui ont un gabarit insuffisant à la mise à la reproduction pénalisent économiquement l’élevage.
L’objectif des traitements antiparasitaires est de développer une immunité forte au cours des deux premières années de pâturage, tout en préservant la croissance des animaux et une valorisation maximale de l’herbe. Pour les animaux plus âgés, cette immunité doit permettre de simplifier au maximum la prévention du parasitisme et de limiter les traitements à des interventions ponctuelles très ciblées contre la douve ou le paramphistome.
En effet, tout bovin s’infeste par des parasites internes ou externes, que ce soit au pâturage ou en stabulation. Ce sont par exemple les stades larvaires des strongles ou de la grande douve en migration chez le bovin, qui entraînent des mécanismes immunitaires. Il s’agit d’une prémunition provoquée par la présence permanente de parasites avec une infestation à faible niveau pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Plus le jeune bovin s’infeste précocement dans la saison, plus tôt il aura une protection immunitaire efficace.
Le maintien de cette immunité est assuré par des infestations régulières et à de faibles niveaux, ce qui est le cas en deuxième année d’herbe et suivantes. L’immunité parasitaire réduit en plus le niveau d’excrétion des œufs de parasites dans les bouses, d’où une plus faible contamination des prairies par les strongles gastro-intestinaux. L’absence d’infestation dès la 1ère année reporte le risque de problème parasitaire sur les années suivantes et de ce fait altère le devenir de l’animal. Donc la répétition de traitements mal adaptés au pâturage ne permet pas l’installation de l’immunité nécessaire à une bonne santé de l’animal et donc à un bon développement.
Le veau sous la mère consomme du lait et de l’herbe, limitant le niveau d’infestation et donc l’acquis immunitaire en première année d’herbe. Les génisses et les bœufs en deuxième année d’herbe sont donc encore sensibles à l’infestation.
Le développement de l’immunité chez les bovins dès la première année d’herbe et son entretien les années suivantes permettent d’en retirer le bénéfice sur la carrière de la vache, par la réduction des coûts et par la simplification du travail.